Fouilles et recherches à Incoronata

Pour comprendre pour quelles raisons des Grecs s’installent chez les indigènes au VIIe siècle avant J.-Chr.


  23 mars 2021

 Le programme

Le travail de la mission archéologique de l’Université Rennes 2 à Incoronata s’inscrit dans la thématique « Au seuil de la ville : organisation, aménagement et gestion des milieux urbains et périurbains en Italie du Sud dans l’Antiquité » dans la mesure où il permet d’approfondir un cas d’étude majeur de l’âge du Fer méditerranéen, axé sur les relations historico-territoriales entre des espaces urbanisées et des espaces - comme le nôtre - où une fondation coloniale (apoikia) directement perceptible est encore absente, ou bien elle est en train de se construire. En effet, Incoronata se caractérise comme lieux éminent d’un territoire occupé par les communautés indigènes entre IXe et VIIIe siècle av. J.-C., lesquelles reçurent et accueillirent une communauté grecque, provenant de l’Égée, pendant le VIIe siècle. Les fouilles que nous menons depuis 18 ans sur ce site ont permis de mettre au jour un lieu caractérisée par une mixité témoignée par des vestiges, remarquablement conservées, relevant d’une importante activité rituelle connectée à des cultes à caractère chtonien et d’un espace de production de la céramique. Expression monumentale de l’hégémonie des aristocraties oenôtres, Incoronata dominait un territoire « périurbain » et à la fois « protourbain », qui verra la fondation de la ville de Métaponte seulement à la fin du VIIe siècle, tandis que Sybaris, au Sud, et Tarente, au Nord, existaient déjà depuis un siècle. En ce sens, Incoronata constitue un laboratoire historico-archéologique privilégié pour la compréhension de phénomènes de la rencontre et du partage de connaissances, techniques, idéologies, cultures, entre communautés autres dans l’Italie méridionale à l’âge du Fer, au moment exact du processus historique de la construction de la polis.
Le projet du quadriennal 2020-2023 prévoit la poursuite de l’exploration de la colline au moyen d’une série de campagnes de fouille annuelles, soutenues financièrement par l’Université Rennes 2, l’UMR 6566, le Centre Jean Bérard, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (Mission archéologique « Italie du Sud ») et l’Institut Universitaire de France, en collaboration avec la Soprintendenza Archeologia Belle Arti e Paesaggio della Basilicata.

Incoronata, campagne de fouille 2017
  • Incoronata, campagne de fouille 2017
Direction scientifique

Mario Denti, Laboratoire LAHM, UMR 6566 CReAAH, Université Rennes 2, IUF, 031130488.

Composition de l’équipe

Chloé Damay, Laboratoire LAHM, UMR 6566 CReAAH, Université Rennes 2, archéologue.
Mario Denti, Laboratoire LAHM, UMR 6566 CReAAH, Université Rennes 2, IUF, archéologue
Pierre Frétay, Université Rennes 2, étudiant.
Francesca Ippolito, University of Groningen, archéologue.
Josipa Mandić, Laboratoire LAHM, UMR 6566 CReAAH, Université Rennes 2, archéologue.
Lisa Marchand, LabEx Archimede, Université Paul Valéry, Montpellier 3, et Laboratoire LAHM, UMR 6566 CReAAH, Université Rennes 2, responsable de secteur ; responsable de la topographie.
Clarisse Prêtre, CNRS, UMR 7041 ARSCAN, Laboratoire ANHIMA, UMR 8210, archéologue.
Giulia Saltini Semerari, Museum of Anthropological Archaeology, University of Michigan, Ann Arbor, archéologue.
Cesare Vita, Laboratoire LAHM, UMR 6566 CReAAH, Université Rennes 2, archéologue.
Chantal Willborn, Université Rennes 2, archéologue.

Autorité nationale présente

Soprintendenza Archeologia Belle Arti e Paesaggio della Basilicata - MIBACT

Numéro de concession

MIBACT DGABAP Prot. n. 753 du 9/6/2020.

Partenariats institutionnels

CJB, Université Rennes 2, UMR 6566 CReAAH, IUF

Établissements porteurs de l’opération

CJB, Université Rennes 2, UMR 6566 CReAAH, Laboratoire LAHM, IUF

Organismes financeurs

Institut Universitaire de France, CJB, MEAE (Mission archéologique « Italie du Sud »)

Vue aérienne du secteur fouillé (Université Rennes 2, UMR 6566 CReAAH, Laboratoire LAHM)
  • Vue aérienne du secteur fouillé (Université Rennes 2, UMR 6566 CReAAH, Laboratoire LAHM)

 Bibliographie :

[1] M. Denti, « Dépositions de céramique et significations des contextes rituels à l’époque archaïque en Italie méridionale », dans La céramique dans les contextes rituels. Fouiller et comprendre les gestes des Anciens. Actes de la table ronde, sous la direction de M. Denti, M. Tuffreau-Libre, Rennes 2010, p. 95-112.
[2] G. Bron, « Amphores et gestes rituels. Usages et fonctions d’une catégorie céramique aux périodes protoarchaïque et archaïque au sein du monde grec », dans La céramique dans les contextes rituels. Fouiller et comprendre les gestes des Anciens. Actes de la table ronde, sous la direction de M. Denti, M. Tuffreau-Libre, Rennes 2010, p. 113-126.
[3] M. Denti, « Potiers œnôtres et grecs dans un espace artisanal du VIIe siècle avant J.-C. à l’Incoronata », dans A. Esposito, G. Sanidas (sous la direction de), ‘Quartiers’ artisanaux en Grèce ancienne. Une perspective méditerranéenne, Lille 2012, p. 233-256.
[4] M. Denti, « The contribution of research on Incoronata to the problem of the relations between Greeks and non-Greeks during proto-colonial times », dans Ancient West and East 12, 2013, p. 71-116.
[5] M. Denti, M. Villette, « Ceramisti greci dell’Egeo in un atelier indigeno d’Occidente. Scavi e ricerche sullo spazio artigianale dell’Incoronata nella valle del Basento (VIII-VII secolo a.C.) », in Bollettino d’Arte 17, gennaio-marzo 2013, p. 1-36.
[6] M. Denti, La notion de ‘destruction’ entre oblitération, conservation et pratiques rituelles. Le cas des opérations réalisées à Incoronata au VIIe siècle avant J.C., dans I. Dressen (éd.), « Destruction. Archaeological, philological and historical perspectives », International Round table, Louvain-La-Neuve 2011, Louvain-La-Neuve 2013, p. 243-267.
[7] M. Denti, Rites d’abandon et opérations d’oblitération « conservative » à l’âge du Fer, dans H. Bernier, I. Patera (sous la direction de), « L’objet rituel. Méthodes et concept croisés », dans RHR 231 - 4, octobre-décembre 2014, p. 699-727.
[8] M. Denti, Des biens de prestige grecs intentionnellement fragmentés dans un contexte indigène de la Méditerranée occidentale au VIIe siècle av. J.-C., dans K. Harrell, I. Driessen, (éd.), « THRASUMA. Contextualising the Intentional Destruction of Objects in the Bronze Age Aegean and Cyprus », Workshop in Louvain, novembre 2013, Louvain 2015 (Presses Universitaires de Louvain), p. 99-116.
[9] M. Denti, Ritual practices of “preservative” obliteration in the Iron Age. An archeological perspective on the choice of colors and materials, dans Ph. Jockey, H. Glanville, C. Seccaroni (éd.), « L’Éclat. Brillance and its erasure in society, past and present : vocabulary, operations, scenographies, meanings », Kermes XIX, n. 101-102, gennaio-giugno 2016, p. 67-77.
[10] M. Denti, « The circulation of Wild Goat Style pottery (MWGS I) from the Black Sea to Western Greece : reception and destination », dans « Aristeas » XIV, 2016, p. 15-52
[11] M. Denti, Gli Enotri - e i Greci - sul Basento. Nuovi dati sul Metapontino in età proto-coloniale, dans L. Donnellan, V. Nizzo, G.-J Burgers (éd.), « Context of early colonization. Acts of the conference Contextualizing Early Colonization. Archaeology, Sources, Chronology and Interpretative Models between Italy and the Mediterranean » I, Papers of the Royal Netherlands Institute in Rome 64, Rome 2016, p. 223-235.
[12] M. Denti, Aegean Migrations and Indigenous Iron Age Communities on the Ionian Coast of Southern Italy : Sharing and Interaction Phenomena, dans E. Gailledrat, M. Dietler, R. Plana Mallart (éd.), « Trade and colonization in the ancient Western Mediterranean : the Emporion, from the Archaic to the Hellenistic Period », Presses Universitaires de la Méditerranée, Collection « Mondes anciens », Montpellier 2018, p. 207-217.
[13] M. Denti, Archilochos did not Sail Alone to the Bountiful Shores of Siris : Parian and Naxian Potters in Southern Italy in the 7th Century BC., dans D. Katsonopoulou (éd.), « Paros IV, Paros and its Colonies, Fourth International Conference on the Archaeology of Paros and the Cyclades », Paros 11-14 June 2015, Athens 2018 (The Institute for the Archaeology of Paros and the Cyclades), p. 39-63.
[14] M. Denti, « Historiographie, méthodes et perspectives de la recherche archéologique d’un espace « d’entre deux ». Fouilles et recherches à Incoronata, dans O. De Cazenove, A. Duplouy (éd.), La Lucanie entre deux mers. Archéologie et Patrimoine, Actes du Colloque international, Paris, 5-7 novembre 2015, Collection du Centre Jean Bérard, 50, Naples 2019, 1, p. 393-412.
[15] M. Denti, « Di terra e di pietre, di legno e di ciottoli. Tecniche edilizie e funzioni architettoniche sulla costa ionica dell’Italia meridionale nell’età del Ferro », dans F. Pesando, G. Zughtriegel (éd.), Abitare in Magna Grecia : l’età arcaica, Atti del Convegno di Napoli-Paestum, 15-16 mars 2018, Pisa 2020, Edizioni ETS, p. 199-220.

 Voir aussi :

Chroniques de l’EFR

 Mots clés

Âge du Fer ; Italie méridionale ; Basilicate ; céramique protohistorique ; architecture de terre ; rituel ; libation ; dépôt

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